
Boire du thé au moins trois jours par semaine est associé à un risque de maladies cardiovasculaires et vasculaires inférieur de 11 %, selon une étude publiée le 21 octobre 2026 dans le Journal of Internal Medicine. L’équipe de Zichen Ye (Académie chinoise des sciences médicales et Peking Union Medical College) a suivi 485 934 adultes chinois pendant neuf ans. Chez ceux qui buvaient leur thé « brûlant », en revanche, le risque était plus élevé de 16 %.
Ce qu’il faut retenir
- Les buveurs réguliers de thé avaient 11 % de maladies cardiovasculaires et vasculaires en moins que ceux qui en buvaient rarement ou jamais.
- Le lien s’inverse quand le thé est bu brûlant : environ 16 % de risque en plus par rapport aux non-buveurs réguliers.
- Le thé noir montrait une association plus régulière que le thé vert, et un thé d’intensité moyenne faisait mieux qu’un thé très fort.
- Niveau de preuve : étude observationnelle de cohorte. Elle montre une association, pas un effet direct du thé.
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Ce que montre l’étude
Pendant un suivi médian de 9,05 ans, 14 863 participants ont développé une maladie cardiovasculaire, cérébrovasculaire, un cœur pulmonaire ou une artériopathie des membres inférieurs, d’après le communiqué de l’éditeur Wiley. Les chercheurs ont comparé ces cas selon la fréquence, le type, l’intensité et la température du thé déclarés au départ.
Selon le compte rendu détaillé publié par Earth.com, l’association variait selon la maladie :
| Critère | Buveurs réguliers de thé vs rares ou non-buveurs |
|---|---|
| Ensemble des maladies cardiovasculaires et vasculaires | 11 % de risque en moins |
| AVC ischémique (artère bouchée) | 37 % de risque en moins |
| Infarctus du myocarde | 17 % de risque en moins |
| AVC hémorragique | pas de lien net |
| Thé bu tiède ou chaud (non brûlant) | environ 17 % de risque en moins |
| Thé bu brûlant | environ 16 % de risque en plus |
Côté quantité, chez les buveurs hebdomadaires, le risque baissait avec chaque tasse supplémentaire jusqu’à environ six à huit tasses par jour, puis remontait doucement. Les auteurs refusent d’en faire une dose conseillée : la taille des tasses n’était pas standardisée et les quantités ont été estimées à partir de catégories.
Dernier résultat, plus parlant pour la prévention : la combinaison thé régulier, absence de tabac et activité physique élevée était associée à 45 % de maladies vasculaires en moins, comparée aux fumeurs inactifs qui ne buvaient pas de thé.
Comment l’étude a été menée
Les données viennent de la China Kadoorie Biobank, une grande cohorte qui a recruté entre 2004 et 2008 des adultes de 30 à 79 ans dans dix régions de Chine, urbaines et rurales. Les personnes ayant déjà un cancer, une maladie cardiaque ou un AVC ont été exclues. L’âge moyen au départ était de 52 ans et 59 % des participants étaient des femmes.
Chacun a répondu à un questionnaire sur sa consommation de thé : fréquence, type (vert, noir, autres), intensité de l’infusion et température à laquelle il le buvait. Environ la moitié des hommes et un cinquième des femmes buvaient du thé au moins une fois par semaine. Les analyses tenaient compte de l’âge, du tabac, de l’activité physique, du poids et des maladies existantes.
Pourquoi la température compte
C’est ce résultat que l’auteur principal met en avant. « La conclusion la plus pratique est peut-être d’éviter de boire le thé à une température brûlante », a expliqué Zichen Ye à Earth.com.
L’étude ne dit pas pourquoi le thé très chaud serait moins favorable au cœur. On sait en revanche, sur un autre plan, que les boissons très chaudes abîment l’œsophage : le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe depuis 2016 la consommation de boissons à plus de 65 °C comme « probablement cancérogène » (groupe 2A) pour le cancer de l’œsophage, comme le rappelle l’Organisation panaméricaine de la santé. Laisser tiédir son thé quelques minutes ne coûte rien et va dans le même sens pour ces deux risques.
Ce que ça change pour vous
Si vous buvez déjà du thé, le principal changement à envisager concerne la température. Quelques repères :
- Laissez refroidir la tasse jusqu’à pouvoir boire sans vous brûler. Le « brûlant » de l’étude était une perception personnelle, sans mesure au thermomètre.
- Une infusion d’intensité moyenne suffit : c’est elle qui était associée au risque le plus bas.
- Thé noir ou thé vert : l’auteur estime que les résultats ne prouvent pas que le thé noir soit meilleur et qu’il n’y a pas lieu de changer de thé pour autant.
- Le thé ne remplace pas les leviers qui pèsent plus lourd : arrêter de fumer, bouger et soigner son alimentation, par exemple en apportant assez d’acides gras oméga-3, dont les effets sur le cœur sont détaillés dans notre guide.
Attention à la caféine. Une tasse de thé noir de 240 ml en contient environ 30 à 50 mg, rappelle la médecin Leana Wen dans l’article de CNN consacré à l’étude. L’EFSA considère que jusqu’à 400 mg par jour ne pose pas de problème chez l’adulte en bonne santé, mais recommande de ne pas dépasser 200 mg par jour pendant la grossesse et l’allaitement, et propose un seuil de 3 mg par kilo de poids corporel chez l’enfant. Six à huit tasses de thé fort peuvent donc dépasser ces limites chez une femme enceinte. En cas de trouble du rythme cardiaque, d’anxiété, d’insomnie ou de traitement en cours, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Les limites de l’étude
- C’est une étude d’observation : les buveurs de thé peuvent différer des autres par leur alimentation, leurs revenus ou leur mode de vie, ce qu’aucun ajustement statistique n’efface totalement.
- Les habitudes n’ont été relevées qu’une fois, au début du suivi, alors qu’elles ont pu changer en neuf ans.
- La température et l’intensité étaient estimées par les participants eux-mêmes.
- Selon Earth.com, l’analyse ne tenait pas compte du café, de l’alimentation globale ni du stress.
- La population est chinoise et a été recrutée il y a une vingtaine d’années. Les habitudes de consommation peuvent différer de celles des buveurs de thé en France.
Zichen Ye y voit lui-même « des preuves épidémiologiques encourageantes plutôt qu’une preuve définitive d’un effet protecteur ».
Le contexte : ce que disaient les études précédentes
Le lien entre thé et santé cardiovasculaire a déjà été étudié de nombreuses fois par des études d’observation. Celle-ci se distingue par sa taille (près d’un demi-million de personnes), par la durée du suivi et par la prise en compte de la température de la boisson. Elle ne remplace pas un essai randomisé, le seul type d’étude capable de montrer que le thé lui-même fait baisser le nombre d’infarctus ou d’AVC.
FAQ
Le thé protège-t-il vraiment le cœur ?
On ne peut pas l’affirmer. Cette étude montre que les buveurs réguliers ont moins de maladies cardiovasculaires, ce qui reste une association. D’autres différences de mode de vie peuvent l’expliquer en partie.
Combien de tasses de thé par jour ?
Le risque le plus bas était observé vers six à huit tasses par jour, mais les auteurs déconseillent d’en faire une recommandation. Pour la plupart des adultes, quelques tasses d’un thé d’intensité moyenne restent compatibles avec les limites de caféine de l’EFSA.
Le thé brûlant est-il dangereux ?
Dans cette étude, il était associé à 16 % de risque cardiovasculaire en plus. Les boissons à plus de 65 °C sont aussi classées comme probablement cancérogènes pour l’œsophage par le CIRC. Mieux vaut attendre que la tasse tiédisse.
Thé noir ou thé vert, lequel choisir ?
Le thé noir montrait une association plus régulière, mais l’auteur principal précise que cela ne prouve pas qu’il soit plus sain. Choisissez celui que vous aimez et buvez-le à bonne température.
En résumé
Dans une cohorte de 485 934 adultes chinois, boire du thé régulièrement allait de pair avec 11 % de maladies cardiovasculaires et vasculaires en moins, surtout moins d’AVC ischémiques. Le seul conseil pratique qui ressort nettement : laisser refroidir sa tasse, car le thé bu brûlant était associé à un risque plus élevé.
Sources
- Ye Z. et al. Habitual tea consumption is associated with lower cardiovascular disease risk. Journal of Internal Medicine, 21 octobre 2026. doi:10.1111/joim.70172
- Wiley. Can drinking tea help protect against cardiovascular disease? Communiqué EurekAlert!, 21 octobre 2026. eurekalert.org
- Earth.com. How hot you drink your tea may change its effect on your heart, 21 octobre 2026 (entretien avec Zichen Ye). earth.com
- CNN Health. Tea has benefits for heart health, but not if it’s scalding hot, 21 octobre 2026. keyt.com
- CIRC / OPS. IARC Monographs evaluate drinking coffee, maté, and very hot beverages, 15 juin 2016. paho.org
- EUFIC. EFSA opinion on the safety of caffeine. eufic.org

